Alma, envole-moi au Portugal.

Quand il suffit de prendre la ligne B et de pousser la porte du 59, quai de Bacalan à Bordeaux pour atterrir au Portugal. Vous venez ?

Depuis près de 15 jours, j’essaye en vain de me souvenir comment j’ai atterri chez Alma la première fois. Et à quand remonte cette première fois. Impossible…
Posons les choses une fois pour toutes, Alma n’est pas dans mon quartier. Même pas en bordure ou à 5 minutes de tram. Non ! Du point de vue géographique, Alma m’est diamétralement opposée. Alors comment ai-je pu arriver jusqu’à elles ? Mystère…
Si je vous en parle, si je vais jusqu’aux Chartrons, quartier que je n’aime pas, c’est parce qu’Alma est un lieu qui me plaît et surtout ce qu’on y sert (même si c’est diablement loin).

Direction donc le 59, quai de Bacalan. Arrêt de tram les Hangars, bus 45 Cité du Vin, à pied, en skate, en poussette : vous voyez. A un angle du carrefour, se dressent fièrement les vitrines bleues et blanches d’Alma. Ce blanc chaux et ce bleu illuminent ce vilain carrefour. Les paniers en osier suspendus derrière la vitrine invitent à rêver à de jolies destinations ensoleillées.
S’il fait chaud, on a envie de s’installer pour boire « un jus » frais après le marché (testé et approuvé par la testeuse la plus impartiale et incorruptible, ma nièce).
S’il pleut ou s’il fait frais, on a envie d’entrer se réchauffer d’un café, d’un thé et d’un pastel (ne me jetez pas la pierre, la météo s’y prête). Toutes les occasions sont bonnes…

Attention, les horaires changent chaque week-end pendant les restrictions sanitaires !

Un peu comme on dit « faute de grives, on mange des merles », je dirai à défaut de pouvoir aller à Lisboa, va chez Alma.
En tout cas, jusqu’à présent je n’ai pas trouvé de meilleure alternative. J’ai tellement envie d’aller au Portugal que j’ai peur, le jour où j’irai, de ne pas retrouver une ambiance façon Alma. Un comble !

Alma, qui signifie « âme » en portugais, remplit bien le job. A la fois épicerie, restaurant, lieu de réunion/cours, magasin de déco : le 59 quai de Bacalan condense de quoi réjouir les amoureux du Portugal en particulier et les gourmands en règle générale.
En termes de décoration, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, des cuillères en bois aux carnets à spirale en passant par les bougies aux doux parfums. L’épicerie propose des conserves sucrées, des conserves de poissons, des biscuits ou encore des alcools. Finalement, je trouve que l’emplacement d’Alma, à un carrefour, lui convient parfaitement : c’est un lieu hybride, un lieu de rencontres et d’échanges, on peut y passer en coup de vent ou s’y poser plus ou moins longtemps. J’aime bien cette symbolique !

L’ambiance est très décontractée ; des jeunes couples, des familles, des copines, des grands-parents avec les petits-enfants, etc. Ou les employés des bureaux voisins, tout dépend des jours et du créneau horaire.

Avec le confinement, la vente est à emporter, souvent le vendredi et le samedi. En temps normal, il y a quelques tables avec chaises ou banquettes y compris en terrasse. Pour info, chez Alma, on ne met pas les personnes seules à côté des toilettes, y compris à l’heure du déjeuner (en temps normal, vous l’aurez compris) et on ne les jette pas non plus. En temps normal, une salle de réunion est proposée et des cours de portugais sont également organisés.

Restrictions sanitaires ou contexte normal, le service est toujours souriant, gentil et prévenant. Même face à des clients casse-bonbon, hésitants, désagréables ou retardataires (oui, je parle pour moi là), je ne les ai jamais vues perdre leur calme.


J’ai profité des restrictions sanitaires pour goûter les différents sandwiches. Le manel et son pain brioché sont très bons mais ma palme d’or va au burger de morue. Celui-là a un pain à l’encre de seiche assez incroyable en texture même si la saveur est très peu prononcée. Sur ma to-eat-list : les bolos de caco, des petits pains originaires de l’île de Madère, qui me font penser aux batbouts ou aux muffins anglais. Je suis infiniment désolée si des cœliaques lisent ces lignes…

N’ayez pas peur de l’encre de seiche, c’est un délice !

Je ne suis pas très fan des chaussons aux crevettes en règle générale donc je passerai là-dessus n’étant pas en mesure de donner mon avis. Les vanter alors que je n’en ai pas mangé serait mentir et qu’en dire alors que je n’aime pas ça ?
Ce qui n’est pas le cas des beignets de morue. Peut-être est-ce d’ailleurs la raison pour laquelle je suis arrivée chez Alma la première fois… Oui, je traverse Bordeaux pour les beignets de morue d’Alma.
Ces toutes petites choses sont un guet-apens. En croquer un c’est l’assurance d’y revenir. Et hop, en moins de trente minutes la poche a diminué de moitié. Les beignets d’Alma sont denses mais pas étouffants. Ils sont à la morue et contrairement à d’autres que j’ai pu manger ici ou là, la pomme de terre ne supplante pas le poisson. En terme d’assaisonnement enfin, je trouve le tout très équilibré. J’ignore comme on les mange au Portugal ou ailleurs mais pour moi, ils se suffisent à eux-même avec une salade (verte, roquette, endives).

J’ai aussi goûté un plat emblématique, bacalhau à brás : de la morue effilochée, des pommes de terre coupées façon allumettes, un peu de brouillade d’oeufs, le tout surmonté de deux petites olives violettes comme en Sicile. Un plat très, très généreux en morue, réconfortant, bien assaisonné. C’est marrant d’avoir coupé les pommes de terres ainsi, on pourrait penser qu’il s’agit de grains de riz (jugez par vous-même sur la photo). Évidemment, ce n’est pas le genre de plat à manger avant un cours de fly yoga… Mais une très belle découverte et un petit régal légèrement régressif. Une variante de la brandade à vrai dire : mêmes ingrédients (les œufs en plus ici), cuisson et présentation différentes. Petite info, pour avoir testé les deux, le bacalhau à brás se réchauffe parfaitement au four et au micro-ondes.

Pour les desserts, n’aimant pas le trop sucré, je reste un peu plus sur ma faim. Je sucre peu, les collègues me le disent (reprochent?) systématiquement quand je fais des pâtisseries pour le bureau. Donc, mon niveau de tolérance (au sucre, pas aux collègues) est très vite atteint. La tartelette aux amandes ou queijada, d’Alma est très bonne mais trop sucrée pour moi. Idem pour les pasteis natures, un peu trop dosés en sucre. Alors que le dernier pastel à la pomme était parfaitement équilibré et une pure merveille avec la cannelle.

Chez Alma, chacun a droit au même accueil sympathique, les habitués du quartier comme les nouveaux clients. La dernière fois, pendant que je photographiais les lieux pour le billet, un habitué est venu récupérer deux salades ; de mon côté, j’avais aussi passé commande la veille. Deux clientes ont débarqué « par hasard ». Elles n’ont pas été traité différemment, la jeune femme leur a expliqué gentiment le principe du click and collect et pendant qu’elle partait en cuisine, les deux clientes ont pu passer commande. Les filles s’adressent à chacun avec la même gentillesse, que ce soit pour un repas complet, un pastel ou plus.

Alma a été ma première sortie photos après mon second COVID. Reprendre la photo était top et j’étais contente que ce soit chez Alma. Vous voyez venir l’excuse pour les beignets ? Obligée d’aller de toute façon chez Alma pour réaliser les photos + exercices de réeducation gusto-olfactive à faire : autant en profiter pour commander des beignets…

C’est génial que le restaurant ainsi que l’espace boutique soient restés ouverts tout le temps du confinement. Mais Alma est pour moi un lieu de vie avant tout. Et ça, il est difficile de l’avoir « à emporter ». J’ai vraiment hâte de pouvoir aller m’y installer un moment, en pause balade.

Bref, plus que LE restaurant Alma est l’âme portugaise des Chartrons.

++++ j’ai adoré le plat de morue aux pommes de terre et le bun à l’encre de seiche est super bon.

L’inratable : les beignets de morue pardi ! Même froids, c’est une tuerie !

Ouverture du lundi au samedi, de 9h00 à 18h00 selon les jours (pssst : réservez vos plats sans attendre car ils sont préparés à la demande et les stocks sont limités).
du lundi au jeudi : de 9h00 à 15h30
le vendredi : de 9h00 à 18h 
le samedi : de 10h à 18h
Jusqu’au 18 mai  ouverture uniquement le vendredi et le samedi la vente à emporter. Contactez directement le restaurant pour les horaires de chaque week-end.
En période de COVID, la carte reste dispo et toutes les infos sont sur le site.

59 quai de Bacalan, 33300 Bordeaux
06 37 17 30 08
https://www.alma-bordeaux.com/contactez-nous/

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